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pensons qu’il est un Polonais annexé. Il n’a nullement la mentalité des allemands. Les soldats sont des Bavarois : des braves gens, paisibles. Les moulins à café tournent librement quandlorsque les sanitaires sont partis aux tranchées. Quand le commandant est sorti, nous écrasons du blé avec notre concasseur. Ce travail est tres lourd ; nous sommes quatre à tourner le moteur : Joséphine, Michel, Victor et moi. Nous nous relayons deux par deux. Nous voulons profiter de cette occasion pour faire une provision de farine. Un jour l’ordonnance voit Joséphine descendre du grenier toute en sueur. Il me dit « Mr pas bon pour Mlle, trop lourd, j’irai tourner. » Il le fit.

Un jour le commandant me dit : « Vous écrasez du blé, j’ai entendu le moteur. Je vous préviens que si vous êtes dénoncé, je serai obligé de sévir. »

À cette époque, nous allons