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prend son revolver déposé sur la table de nuit et le braque vers cet intrus.

Michel ne put jamais reprendre possession de sa chambre. Mes réclamations à la commandature, même lors des changements de troupes restèrent sans résultat.

Chez nous, en face de l’escalier, entre nos deux chambres d’amis, se trouvait une petite chambre étroite que les officiers avaient dédaignée. C’est là que Michel a couché jusqu’à la fin de l’invasion.

À cette époque, durant plusieurs mois, nous avons eu une période difficile à passer pour notre alimentation. Il n’était pas aisé de moudre du blé dans nos moulins à café. Il fallait tourner lentement, ne pas faire de bruit, pour le ne pas attirer l’attention des allemands, car ils confisquaient le moulin, perquisitionnaient pour trouver le blé, et punissaient d’une amende de cinq marcks ou huit jours de prison. Le plus pénible était la con-