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les achats. Ce directeur m’accorde cette autorisation pour toute la durée de mes voyages ultérieurs.

Nous eumes vite trouvé les denrées que je désirais. Legrand me dit qu’il serait avantageux d’arriver le vendredi, pour assister le samedi matin, au marché qui est bien approvisionné. On y trouve du tabac importé de Belgique, sans droit.

Legrand me remet un fragment de journal français.

J’y lis un tronçon d’article : l’auteur explique qu’il faut attendre les combats du printemps pour se faire une opinion sur la durée des hostilités.

Cette phrase me tourmente. Il n’est donc pas certain que nous allons être délivrés !

Et le blé que j’ai semé ! que faire ? Je puis le détruire ; mais alors, je démoralise les habitants. Mieux vaut laisser les choses en état.