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leurs camarades. Plusieurs ont de grands chiens policiers.

Les blessés affluent encore plus nombreux. Je vis un jour un malheureux atteints des gazs lacrymogènes. Quel spectacle affreux ! Les paupières sont tuméfiées à telle point qu’il ⁁y voit à peine clair pour se conduire. Les narines, les lèvres sont dilatées, d’une épaisseur effrayante. Un liquide goutte continuellement des yeux, les narines, les lèvres suintent également. Ils marchent péniblement ; il parait que toutes les parties humides du corps, même sous les vêtements sont atteintes.

Quand, par hasard, nous apercevons un combattant revenir des tranchées en temps de pluie, nous voyons un bloc d’argile en mouvement.

La maison de Mr Houplain, bâtie à quelques mètres de la route, entourée de jardins, était toujours fermée ; on n’y voyait pas d’allées et venues. Seuls un ou deux docteurs y pénétraient