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de la Somme. La canonnade augmente encore, l’atmosphère est ébranlée. Durant une semaine les vitres, les portes intérieures de nos maisons vibrent jour et nuit sans arrêt. C’est un ouragan de mugissements, dont ne peuvent se faire une idée les personnes qui ne l’ont pas entendu.


En sortant de la ferme, je vois arriver de Fontaine une centaine de soldats magnifiques. Ce sont de beaux hommes, tous de même taille : 1 m 85 à 1 m 90 ; ils sont larges des épaules. Ils n’ont pas été nourris de marmelade ; les uniformes sont à l’état neuf.

J’emboîte leur pas et marche à côté d’eux. « Où sommes-nous, ici ? Où allons-nous ? — Vous êtes à dix kilomètres de Bapaume ; vous allez vraisemblablement à la bataille de la Somme. — À la Somme ! » répètent plusieurs avec une surprise ex-