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je dois assister à l’opération.

Cette commission comprend : le commandant, ce docteur, un scribe et deux soldats.

Nous visitons tous les puits de la Commune. À chaque puitschacun, les soldats remontent une seille. Le docteur puise de l’eau avec son gobelet, en prend une gorgée, la fait osciller de la langue au palais, la crache, et, d’un air sentencieux, dit sans rire : bonne ou douteuse, ou pas bonne. (Comment, à notre époque, peut-on encore imaginer pareille comédie !)

Le lendemain les puits, où l’eau n’est pas bonne, sont bouclés, condamnés. Là où l’eau est douteuse un écriteau indique : « pour les bestiaux. » L’écriteau des autres puits porte : eau potable.


Il arrive à Croisilles une trentaine de jeunes gens de dix-sept