Page:Carnet de guerre n°2 d'Alexandre Poutrain.pdf/244

Cette page a été validée par deux contributeurs.


départ, dans la cour de la commandature. Les sous-officiers interviennent, ils ne peuvent obtenir le silence.

Je suis appelé à la commandature. Je trouve le commandant aupres de ces enfants, alignés, prê⁁ts à partir. Il me dit : « Vous allez défendre à ces enfants de chanter. Quand on est en rang, on doit observer le silence. » — Je répondis : « Mr le commandant, c’est vous qui avez convoqué ces enfants. Dès qu’ils sont entrés dans la cour de la commandature, ils sont tous sous vos ordres, je n’ai plus d’autorité sur eux. Que diriez-vous, si à la sortie, alors que le soldat leur commande d’aller à droite, je leurs commandaits d’aller à gauche ? »

Les gamins partent en chantant la Marseillaise et ont continué.

Le commandant ne prit jamais des mesures contre eux. D’ailleurs