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En arrivant à Douai, nous sommes fouillés. On ouvre le paquet, il contient une lettre.

Je me rends compte qu’Esler ne comprend pas cette lettre. Il m’emmène à la commandature. Le feldwebel, tres occupé, la parcourt vivement, la rend à Esler. J’ai compris qu’il a dit : Kommandantur Croisilles.

Le lendemain matin de notre retour, tres tot, Esler vient me chercher, m’emmène au bureau avant l’heure d’ouverture, nous sommes seuls. Il me tend la lettre : « Qu’est-ce que c’est ça ? » Il n’a donc rien compris, il a séché sur cette version. Je lui donne toute la traduction fantaisiste qu’il désire.

Dans la crainte de s’attirer des ennuis avec le commandant pour insuffisance d’instruction, Esler supprime cette lettre.

Nous l’avons échappé belle.