Page:Carnet de guerre n°2 d'Alexandre Poutrain.pdf/16

Cette page a été validée par deux contributeurs.


Le commandant bondit à la cuisine. J’entends les talons des soldats claquer, puis un déchainement de vociférations. Ces malheureux cuisiniers n’ont pas osé protester, démentir cette accusation.

Nous avons continué à livrer du lait écrémé.

Un autre jour ce commandant m’envoie l’ordre de livrer douze œufs. « Nos poules ne sont pas nourries, ne pondent pas en cette saison. » Quand j’arrive au bureau le commandant me crie : « Croyez-vous que je vais continuer à me contenter de vos refus ? Sachez qu’en Allemagne un ordre ne se discute pas, il est toujours exécuté. Or ici en France envahie, vous êtes assimilés aux allemands. » — Mr le commandant, si vous me donniez l’ordre de vous donner une poignée de cheveux, pourrais-je l’exécuter ? Il me regarde surpris, me tend le