Page:Carnet de guerre n°2 d'Alexandre Poutrain.pdf/136

Cette page a été validée par deux contributeurs.


me troubler, m’intimider. Je les observe tous quatre, car je n’ai rien à penser, je ne sais absolument pas de quoi il va être question.

L’interprète s’assied, me traduit une phrase de l’officier qui est à ma droite. « Mr le maire, vous correspondez avec les Français, à l’aide de pigeons voyageurs. » — Je nie le fait d’une façon catégorique, mais avec calme. Je ne tarde pas à constater que mon calme les impressionne. 

D’ailleurs l’accusation était erronée. Bresson avait des pigeons voyageurs ; on aurait pu les utiliser d’Amiens à Croisilles, et non pas de Croisilles à Arras. En outre les ces pigeons vivaient en liberté. Cependant ces officiers me harcèlent de questions. Ils ne tardent pas à me parler directement, sans passer par l’interprète. Ils cherchent à provoquer chez moi