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Une demie heure plus tard, l’allemand revient me chercher : « Tout de suite, pour le conseil de guerre. — Comment ! »  s’écrie Rose,   « pour le conseil de guerre ? C’est lui… — Vous ne le saviez pas ? »

Deux enfants partent me chercher, ⁁l’un par la rue de Pinghem etl’autre par la Place.

L’interprète suit cet enfant, me trouve sur la Place et me dit : « Venez avec moi. » Je pense au Ah ! qu’il a poussé, il y a un instant.

Trois officiers sont assis à la table. Il reste à cette même table deux chaises libres. C’est la seconde fois que l’on me fait asseoir. J’avais encore eu une chaise pour répondre à l’affiche : Henrick Benton.

L’interprête reste debout. Il lève la main ⁁droite, tient le pouce et deux doigts dressés. Je comprends qu’on lui fait jurer de traduire fidèlement mes paroles. Cette formalité n’est qu’une mise en scène pour