Page:Carnet de guerre n°2 d'Alexandre Poutrain.pdf/128

Cette page a été validée par deux contributeurs.


Ce jour-là, Au cours d’un voyage, fait extraordinaire, Mme Dubus, la femme du boucher, a obtenu la permission de nous accompagner à Douai. Depuis plusieurs jours, il fait un temps magnifique, nous prenons le chemin de terre de Chérisy à Vis-en-Artois. Arrivés à la hauteur de la sablière, nous constatons que les allemands font un exercice de tir. Les soldats tirent perpendiculairement sur la route, qui dominent les cibles de sept ou huit mètres. Ils n’interrompent pas le tir pendant notre passage, les balles crépitent au dessus de nous. L’allemand qui nous accompagne est furieux, mais surtout terrorisé. Il se lève d’abord, vient me rudoyer dans le dos, vient saisir le fouet, et brusquement retourne se blo⁁ttir sous la bâche.

Ce passage épineux était déjà franchi sans qu’une balle malveillante vienne siffler pres de nous.