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Page:Calvat - Vie de Mélanie, bergère de la Salette.djvu/348

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VIE DE MÉLANIE

démons lui apparaissaient visiblement et la faisaient tomber par terre. Si elle avait sou livre d’office, les démons le lui enlevaient et le renvoyaient au milieu de l’église en faisant un grand bruit.

Pendant plus d’un an, ils la frappaient sans ménagement [1], en quelque lieu que ce fût, mais surtout pendant la nuit ; et quand ils ne savaient plus que faire, ils traînaient son lit de côté et d’autre. Et quand la sœur ne bougeait plus, ils prenaient un autre lit qu’ils renversaient sur la sœur. Et quand les démons la frappaient fortement, elle se contentait de leur dire : « Ah ! mes beaux messieurs, je croyais que vous étiez quelque chose de bien remarquable, mais il paraît que vous n’êtes pas de grands seigneurs, puisque vous ne faites que ce que font les forgerons. Frappez, frappez fort ! quand je serai à la fantaisie de celui qui m’a mise entre vos mains, et qu’il me trouvera assez polie, il saura me retirer, et j’aurai à vous autres une grande reconnaissance. Allons, soyez de bons ouvriers, travaillez pour moi. » Cela les mettait dans une telle rage, que s’ils avaient pu donner la mort, ils l’auraient fait. Quelquefois, pour l’effrayer, ils se mettaient sous des formes d’animaux effrayants. Ces apparitions durèrent environ deux ans et quelques mois. — Il est impossible de raconter tout ce qui lui est arrivé ; mais on sait qu’en 1854 elle fut

  1. Avec des objets, mais ne l’ont jamais touchée, a-t-elle dit.