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Page:Calvat - Vie de Mélanie, bergère de la Salette.djvu/347

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VIE DE MELANIE

avait pris l’habit des religieuses de la Providence lorsqu’elle demandait à Marie de souffrir ce que souffrent les damnés. Jésus et Marie ne lui permirent ces souffrances qu’après trois semaines, au bout desquelles la sœur commença à ressentir un dégoût complet pour la prière, l’oraison, les sacrements. Ce dégoût augmentait tous les jours, et il en vint jusqu’à la faire souffrir horriblement quand elle était obligée de faire usage des sacrements et de la prière. En même temps, de fortes pensées de désespoir vinrent l’assaillir, des pensées contre la foi, et bien d’autres encore, de telle sorte que la jeune novice croyait quelquefois être dans les abîmes de l’enfer. Elle souffrait de telle sorte qu’il est impossible de le faire comprendre aux personnes qui n’ont pas passé par là. Souvent on la trouvait perchée sur les murs ou sur une fenêtre, prête à se précipiter si on ne l’eût empêchée[1]. Plus tard ses peines augmentèrent encore, de sorte qu’elle n’avait plus de liberté. Voulait-on lui parler de Dieu, elle n’entendait rien. Voulait-on lui faire expliquer de quelle manière le démon la tourmentait, elle ne pouvait plus parler. Elle était restée quelquefois 5 ou 6 jours sans pouvoir dire un seul mot, et restée plusieurs mois qu’elle n’entendait rien ; et souvent elle ne reconnaissait plus les personnes avec qui elle était. Allait-elle à l’église, les

  1. Prête à se précipiter, détail inexact, a-t-elle dit. Les sœurs auront voulu dire : Prête à être précipitée.