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Page:Calvat - Vie de Mélanie, bergère de la Salette.djvu/342

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VIE DE MÉLANIE

la Sainte Vierge. Elle eut le bonheur de la revoir plusieurs fois. Quinze jours avant Noël, la bergère lut mise en pension à Corps, chez les religieuses de la Providence[1]. Dans le couvent de Corps elle vit plusieurs fois son petit frère. Elle demeura dans ce couvent quatre ans, après lesquels elle pensa à se faire religieuse. Dès qu’elle en eut parlé, elle fut persécutée par ses parents d’une manière effrayante. Le père fut la chercher de force au couvent et la conduisit chez lui. Là il voulut la faire renoncer à son dessein ; mais elle persista à dire qu’elle voulait se consacrer pour toujours au Seigneur. Le père devenait tous les jours plus furieux. Depuis quatre jours la bergère n’avait pris aucune nourriture, ni elle ne se couchait pas. Pendant la nuit toujours elle veillait le moment favorable pour prendre la fuite, mais il n’y eut pas moyen. Le père, le fusil au bras, ne quittait la porte ni le jour ni la nuit[2].

Un jour, surtout, la bergère faisait prier le bon Dieu par ses frères et ses sœurs, et elle disait : « Quoi qu’on fasse pour me retenir, on n’en viendra pas à bout : j’irai dans un couvent, je ne sortirai plus, je ne m’occuperai que de la prière et de la méditation. Oui, je veux me faire religieuse, ou bien je veux

  1. Elle ne coucha comme pensionnaire qu’au commencement de l’année 1847.
  2. Ses fonctions alors lui permettaient d’être armé ; il était gardien de péage du pont du Drac.