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Page:Calvat - Vie de Mélanie, bergère de la Salette.djvu/259

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VIE DE MÉLANIE

beaucoup de force de caractère : je me sentais par moments vaincue à cause de la peine que je leur causais par mon obstination, et malgré [cela] j’étais bien fermement résolue de mourir plutôt que de leur obéir ! Il me semble une chose incroyable, et pourtant la vérité, malgré toute la force de mon âme j’étais dans la disposition de me coucher avec eux. Jusqu’à tard dans la nuit, on m’invita, on m’ordonna, on me commanda d’obéir et de me coucher. Il en fut de même la seconde et la troisième nuit.

Maintenant une obéissance qui m’est plus facile : un de ces jours derniers, mon très vénéré Pasteur et Confesseur, vous m’avez dit à peu près ceci : « Mais écrivez aussi vos fautes, vos infidélités ! » Je crois, mon très cher Père, que vous ne les voyez pas alors. Ainsi, durant cette espèce de lutte avec mes patrons, pendant la nuit surtout, j’avais cette pensée très mauvaise (que j’ai confessée dans ma première confession générale) que si mon père s’était trouvé en famille quand ma patronne vint pour me louer, bien sûr qu’il se serait enquis de la manière que je serais traitée chez elle : ma mère n’a jamais été en service, elle ne sait pas ce que c’est que d’être logée chez des étrangers. Il est bien vrai que je