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Page:Calvat - Vie de Mélanie, bergère de la Salette.djvu/257

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VIE DE MÉLANIE

chus, et combattez pour réparer tant d’outrages à mon amour et à ma sainteté. » J’acceptai tout avec sa divine grâce, jusqu’à être broyée pour sa gloire et pour l’extension de son règne, et tout finit là.

Combien je sentais et connaissais mon néant dans la grande, l’illimitée Lumière incréée ; et aussi combien défectueux et imparfait me paraissait mon passé devant cette sainteté si pure en elle-même ! Je ne savais que m’approfondir dans les bas-fonds de mes misères et de mon impuissance à procurer tant soit peu la gloire du Très-Haut.


COMMENCEMENT DE LA BONNE ANNEE

Un jour, à mon retour de l’église, ma mère me dit : « Dans un moment une femme viendra te prendre, tu es louée pour un an. » Une heure environ après, je partis avec ma nouvelle maîtresse. Je voulais auparavant embrasser mes deux sœurs. On ne m’en donna pas le loisir ; et quoique (selon ma nature) cette privation me coûtait beaucoup et que des larmes roulaient dans mes yeux, j’étais entièrement uniformée à l’aimable volonté de mon bien-aimé Jésus. Après