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Page:Calvat - Vie de Mélanie, bergère de la Salette.djvu/251

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VIE DE MÉLANIE

de leur isolement vous ont tourné la tête, pauvre petite ; croyez-moi, venez avec moi. » À peine eus-je entendu cela que, hors de moi et comme un éclair, je fis un signe de croix sur moi et sur le ciel en disant : « En vertu du sang de mon Sauveur, Cieux, ouvrez-vous et donnez-moi mon Sauveur. » À l’instant un gros chien, blanc comme la neige et les pieds roux, arrive en courant et en aboyant comme pour dévorer cette femme, qui sans dire un mot de plus prit la fuite et entra dans la terre ; et le chien, en retournant par où il était venu, disparut. Gloire éternelle à notre Dieu trois fois saint ! Grande est sa miséricorde toujours prompte à nous secourir dans les dangers de l’âme et du corps.

L’époque de quitter mes maîtres était arrivée puisque la neige avait recouvert les pâturages ; on me garda encore quelques semaines, puis ma patronne m’accompagna chez mes parents, afin qu’ils lui promissent qu’à la nouvelle année je reviendrais chez elle.

Ma mère ne répondit pas à mon bonjour ni à mes signes d’affection ; alors je lui demandai à quoi elle voulait que je m’occupe. D’un air fâché elle répondit qu’elle n’avait pas besoin de moi. « Je le sais, Julie, vous n’avez pas besoin de moi ;