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Page:Calvat - Vie de Mélanie, bergère de la Salette.djvu/250

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VIE DE MÉLANIE

tenter Dieu en restant si légèrement vêtue. Je ne lui répondis pas ; elle insistait toujours ; puis voyant que je ne faisais plus attention à elle : « Vous n’auriez pas, dit-elle, des boucles d’oreilles à changer ? J’en ai de très jolies et j’en ai qui ont une vertu ; elles charment et font trouver un bon petit mari. » — « Ah ! Madame, vous vous trompez d’adresse ; je ne veux rien de tout ce que vous avez, et je ne désire rien, rien de tout ce qu’il y a sur la terre. » Inutile de dire que de toute la force de mon esprit, je priais la miséricorde divine de me secourir, de me délivrer de cette tentatrice. Eh ! la femme démone s’approchait toujours, presque à me toucher, mais elle ne m’a pas touchée, « Mais, dit-elle, un joli mari qui vous aimerait beaucoup, et même deux si vous voulez : ils sont très riches, ils feraient votre bonheur ; voulez-vous que je les fasse venir ? » Je lui dis : « C’est bien assez de vous, tentatrice, et si vous faites venir quelqu’un j’appelle ma Mère. » — « Ne vous fâchez pas, pauvre enfant, vous ne connaissez pas le monde, vous n’avez jamais goûté les joies de la société, mais si vous m’écoutiez vous sauriez les joies qu’il y a d’être aimée. Peut-être que les dévots et les dévotes qui souffrent le martyre