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Page:Calvat - Vie de Mélanie, bergère de la Salette.djvu/246

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VIE DE MÉLANIE

Je me trouvais à genoux comme j’étais avant cette vision ; mes vaches étaient dans le pré, et je vis que le garde champêtre stationnait à la limite du pré et me regardait. Je me mis debout ; il s’avança vers moi et me demanda mon nom ; puis il me dit que quand un berger a été trouvé endormi par le garde, il doit lui déclarer procès-verbal ; que depuis longtemps déjà, il gardait mes vaches, voyant que je ne me réveillais pas. Il me demanda un gage, je n’avais rien, je lui donnai le mouchoir que j’avais autour du cou. Il me dit encore qu’il connaissait mon père, brave homme consciencieux tout à fait : « Cela va le fâcher quand il apprendra que je vous ai prise. Vous rêviez peut-être, qu’avez-vous rêvé ? » — « J’ai rêvé que notre bon Dieu me disait que c’est à la foi pratique qu’est dû le mérite et la gloire du paradis. » — « Puisque vous m’avez donné tout de suite votre fichu pour gage, je vous le rends, mais ne dites à personne que je vous ai trouvée endormie. » — « Merci, Monsieur, que notre bon Dieu vous bénisse ! »

    les témoins de son mariage mystérieux furent S. Jean-Baptiste et S. Michel Archange : « Je ne pouvais pas tout dire ! » ajouta-t-elle. »

    Témoignage du confesseur.