Ouvrir le menu principal

Page:Calvat - Vie de Mélanie, bergère de la Salette.djvu/228

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
168
VIE DE MÉLANIE

et les satisfactions même les plus innocentes ; rien, rien n’échappe à l’amour qui est un véritable sacrificateur ; il veut la mort de tout ce qui n’est pas Lui.

L’année que je devais passer chez mes maîtres allait finir ; déjà on en avait parlé pendant les repas ; je devais donc penser à rentrer chez mes parents ; je prenais bien la résolution de ne plus jamais faire de la peine à ma chère mère, mais ma mauvaiseté naturelle m’entraîna souvent encore dans mes anciens défauts.

Un jour j’étais allée un peu loin pour faire paître mes vaches, quand vers l’après-midi se déchaîna une grande tempête : les tonnerres grondaient incessamment tantôt d’un côté, tantôt de l’autre, la pluie tombait à torrents ; je pris le chemin du village avec mes vaches ; j’aurais voulu faire autant de mille millions d’actes de louange et d’amour de mon cher Jésus qu’il tombait de gouttes d’eau. Arrivées à un certain endroit, mes vaches s’étaient arrêtées et voulaient revenir en arrière : c’était le ruisseau qui avait eu une crue énorme étant situé entre deux montagnes qui lui donnaient leurs eaux. Dans les temps de pluies ordinaires, en faisant rouler des grosses pierres dans le ruisseau, les per-