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Page:Calvat - Vie de Mélanie, bergère de la Salette.djvu/218

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VIE DE MÉLANIE

père revint en famille, il fut assailli de plaintes de ma mère sur ma mauvaise conduite. Elle lui dit que je ne voulais pas travailler, que j’étais devenue orgueilleuse, vaniteuse, que je dédaignais mes frères et ma petite sœur, que souvent je feignais de me retirer pour dire des prières et qu’elle avait voulu aller doucement, doucement où j’étais seule et n’avait jamais, jamais entendu une syllabe de mes lèvres ; puis que je ne lui demandais jamais des nouvelles de mon père : que j’étais sans cœur, une vraie sauvage. Puis elle ajouta : « Eh ! vous ne savez pas ce qu’elle ma fait le jour que vous êtes parti ? À peine aviez-vous mis les pieds dehors, et tandis que j’étais avec vous, elle m’a volé mon bel anneau, souvenir de ma mère. Il ne m’a pas été possible de me le faire rendre. » Naturellement mon cher père fut très affligé ; il me gronda beaucoup, puis élevant la voix : « Si je savais, dit-il, que parmi mes enfants il s’en trouvât un qui eût volé quelque chose à quelqu’un, moi-même j’irais le dénoncer à la justice pour le faire mettre en prison, parce que je ne veux pas être déshonoré par leur déshonnêteté. » — « Bien, dit ma mère, allez déclarer à la justice que votre fille aînée m’a volé un anneau de grand prix,