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Page:Calvat - Vie de Mélanie, bergère de la Salette.djvu/209

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VIE DE MÉLANIE

mon Tout, mon tout bon, tout aimable, tout amoureux Jésus. Le Seigneur permit qu’un jour il y eut une messe vers dix heures : ma mère consentit à me laisser sortir ; je courus à l’église, mais je ne savais pas de prières, je me contentai de me tenir en esprit prosternée au pied de la croix sur le Calvaire, durant le Sacrifice non sanglant de l’Homme-Dieu, et de recueillir les mérites de son sang répandu pour le salut du genre humain. Puis je me servis de la voix, de la bouche, et de l’amour de mon Sauveur, pour offrir au Père Éternel une à une toutes les vertus pratiquées par mon amoureux Jésus, tous les mauvais traitements, tous les mépris soufferts par le Saint des Saints, et ainsi de suite en repassant toute la vie humaine du divin Rédempteur.

Après le Saint Sacrifice, je vis l’âme transformée, toute belle, toute resplendissante de gloire, entrer au ciel des cieux.

Mon père s’étant retiré en famille, ma mère lui avait dit que ma maîtresse n’avait pu me supporter et que j’étais revenue avant le temps fixé par lui ; que j’étais devenue très impertinente ; que presque tous les matins, je sortais dans le pays et qu’elle avait dû plusieurs fois envoyer après moi un de ses fils pour savoir avec qui je