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Page:Calvat - Vie de Mélanie, bergère de la Salette.djvu/199

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VIE DE MÉLANIE

dans ses mêmes intentions, qui étaient la plus grande glorification du Père Éternel et tout cela en union avec les mérites infinis de mon cher Jésus-Christ. Alors m’étant ainsi mise comme une cire molle dans les mains de mon bien aimé Sauveur afin qu’il me donnât la forme qui lui plaisait et me façonnât à sa mode, ne voulant plus être moi, mon âme se recueillit. Je ne sais comment cela se fit, le fait est que tout à coup je me trouvai dans la présence de l’éternelle bienfaisante Lumière : au milieu je vis mon très-aimé et très-aimant Frère. Il n’était plus petit ; mais grand et majestueux ; et avec Lui, la Vierge ma Mère, chef-d’œuvre de la Très Sainte Trinité, toute pure, toute belle, toute aimante, toute bonne, toute compatissante, toute enrichie de la surabondance des grâces, des privilèges, des dons que peut départir Celui qui peut tout. Mon doux Frère me bénit, me confirma dans la foi de son amour qui est vérité, lumière et nourriture délicieuse. Puis il sortit de sa poitrine le très beau lys ; dans le très blanc lys se trouvait une liqueur qu’il me fit boire ; et il me demanda si je voulais conserver (soigner) le lys. Je répondis : « Je voudrais bien, mais je crains de le gâter. À cause de votre Nom