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Page:Calvat - Vie de Mélanie, bergère de la Salette.djvu/197

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VIE DE MÉLANIE

chose. Je répondis que j’étais contente et que j’envoyais mes respects à mon père. Ma maîtresse m’avait vu parler avec ces messieurs ; elle suspecta que peut-être je m’étais plainte d’elle, que j’avais fait dire à mon père de venir me chercher ; elle m’en fit des reproches et je la laissai dire. Quand à midi je me trouvai avec la famille réunie, tous me firent des reproches ; en autres choses ma jeune maîtresse me dit qu’avec les femmes j’étais muette, que la parole ne me venait que pour parler avec les hommes, qu’elle m’avait surprise à parler à voix basse dans l’étable avec Maurice avec qui je m’entretenais et m’entendais en cachette ; et que, petite comme j’étais, ayant déjà commencé une mauvaise vie, j’allais infailliblement à la perdition avec tous les démons, etc., etc. En vérité, si sérieux que fût mon examen, je ne savais pas, je ne voyais pas où était ce mal, cette faute que j’avais faite ; malgré cela je tremblais, de crainte d’avoir dégoûté mon Dieu que j’aimais de tout mon cœur, de toutes mes forces ; oui, je sais que je l’aimais ; quoique je ne sentais pas sensiblement son amour, malgré tout je ne laissais pas mes pratiques d’usage. Le vieux serpent qui ne dort jamais, le jaloux, l’envieux, le menteur,

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