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Page:Calvat - Vie de Mélanie, bergère de la Salette.djvu/194

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VIE DE MÉLANIE

Dieu, aucun bien méritoire pour la gloire de mon cher Jésus. Je désirais d’un grand désir pouvoir porter mon aimant Sauveur dans le cœur de tous les hommes afin qu’ils l’aiment et ne l’offensent plus. Ainsi désolée, je ne cessais pas de chercher, d’appeler mon amoureux Jésus, de déposer à ses pieds mes gémissements, mes soupirs, mes craintes et mes angoisses. Pendant ces jours d’amère tribulation, en revenant de garder mon troupeau, je vis que Maurice était près de la porte de l’étable ; et dès que j’y fus entrée, il y entra aussi, et sans s’approcher il me dit à demi-voix : « Sœur, ne perdez pas votre santé pour les calomnies et accusations qu’on fait contre vous : je ne les crois pas. » Ma maîtresse arriva et comme furieuse, elle me dit : « Oh ! petite mensongère, vous vous entendez avec Maurice, et tous les deux vous êtes d’accord pour me voler ! Si Maurice veut vous épouser au lieu de ma fille, qu’il le fasse. » En disant cela, elle s’en alla et Maurice aussi. Il me fut facile de me résigner : je n’avais pas compris grand’chose ; d’ailleurs j’étais toujours bien persuadée que je ne méritais que des reproches et que le Très-Haut permettait tout cela.