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Page:Calvat - Vie de Mélanie, bergère de la Salette.djvu/189

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VIE DE MÉLANIE

ôta son bas, essuya le sang, puis tandis qu’elle lui frottait le pied, elle faisait des espèces de signes de croix ; après elle fît mettre debout la jeune fille qui marcha ; et tous les imbéciles se mirent à crier : O miracle ! ô miracle !!… Oui, un miracle que quiconque aurait pu faire. La fille n’avait pas le pied cassé mais elle s’était démis simplement l’os du talon, et en le frictionnant, en le tournant, les jointures se sont remises d’elles mêmes, et cela suffisait pour guérir la jeune fille. Voilà donc que le prétendu miracle s’en est allé en fumée. Avez-vous compris ? Le miracle que je voudrais qu’elle fasse serait celui de me rendre l’argent qu’elle m’a volé. » « Cela suffit, dit Maurice, cela suffit : laissons ces choses, occupons-nous de nos affaires, laissons aller cette pauvre enfant à ses occupations. »

Éternelle est la miséricorde du Très-Haut sur moi misérable pécheresse ; adorables sont les voies du Tout-Puissant ! Le soir, lorsque je me retirais avec mes vaches, ma maîtresse me reprochait mon vol, m’appelait faiseuse de miracles et, après d’autres paroles qui blessaient mon amour-propre, terminait toujours en me disant que par mon vol, j’étais cause du retard du mariage de sa fille, etc. Elle ajouta que,

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