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Page:Calvat - Vie de Mélanie, bergère de la Salette.djvu/186

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VIE DE MÉLANIE

paroles que vous venez de dire à sa fille, certainement qu’il viendrait de suite vous la prendre. À vous dire la vérité je ne crois pas que ce soit la sœur qui vous ait pris votre argent et je ne le croirai jamais. » Ma maîtresse et d’autres répliquèrent : « Et qui donc l’a pris ? C’est donc vous, Maurice, qui êtes le voleur ? D’ailleurs cette petite est la seule étrangère qui entre ici. » Maurice reprit : « Mais voyons, la sœur ne ment pas. Avez-vous pris ou trouvé de l’argent dans cette maison ? » (Silence.) « Répondez, sœur, répondez ! » Je répondis à peu près ainsi : « Devant Dieu, je déclare n’avoir vu ni pris l’argent ou autre chose à ma maîtresse. Elle n’a pas à s’affliger des paroles qu’elle m’a dites, parce que si, par pure grâce de Dieu, je n’ai pas commis la faute de voler son argent, en beaucoup d’autres choses j’ai attristé le cœur aimant de Jésus-Christ et c’est pour cela que, en Père amoureux, il me punit par les tribulations que par sa grâce j’ai acceptées et embrassées avec gratitude comme des dons précieux. Quant à être enfermée dans une prison, je l’ai toujours désiré et vous me ferez un vrai régal. Oh ! puissé-je être digne, quoique de bien loin, d’imiter mon divin Sauveur et l’accompagner