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Page:Calvat - Vie de Mélanie, bergère de la Salette.djvu/184

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VIE DE MÉLANIE

« À présent vous verrez avec mes yeux », me répondit-il et il disparut. Je ne pus après cela que m’approfondir dans ma nullité, dans mon néant ; je désirais avec ardeur de procurer que Jésus soit aimé de tous les cœurs et de bien correspondre aux bienfaits et miséricordes de mon doux Sauveur. Comme toujours j’avais recours à des souffrances, je ne voulais pas me faire miséricorde, je voulais purger mon esprit mieux que je ne l’avais fait jusque-là ; je voulais lui faire payer cher ses escapades hors du bon plaisir de Dieu.

Depuis quelque temps on parlait du prochain mariage de la fille de ma maîtresse avec Maurice. Voilà qu’un jour ma maîtresse m’accusa de lui avoir volé une grosse somme d’argent et me menaça de me faire enfermer dans les prisons si je ne lui restituais pas la somme entière. Je ne répondis rien puisque je n’étais pas interrogée. Dans mon cœur je me réjouissais parce que je savais n’avoir pas touché son argent et que d’ailleurs j’ignorais où elle le conservait. Cependant ma bonne maîtresse insistait : « Résolvez-vous, me disait-elle, rendez-moi cette somme si vous ne voulez aller en prison. Vous faites la sainte, mais je ne vous crois plus, et vos miracles sont