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Page:Calvat - Vie de Mélanie, bergère de la Salette.djvu/176

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VIE DE MÉLANIE

Oh ! mystère d’amour ! … Je l’aimais parce que je sentais que je l’aimais, je sentais qu’il m’attirait, qu’il me voulait toute à Lui, mais toute dénuée, dépouillée, abandonnée, uniformée avec la plus vive foi ; qu’il voulait que mon âme avec ses trois puissances supérieures prît en unité les sentiments de l’âme de l’Homme-Dieu qui sont tous dirigés à la plus grande glorification du Père Éternel. Que pouvais-je faire, moi si ignorante et pleine de défauts ? Pour correspondre aux divines grâces, je cherchais dans la mesure de mon savoir et avec toute l’ardeur de mon âme toutes espèces de souffrances, cependant les souffrances que j’agréais avec le plus d’amour étaient celles que mon Dieu m’envoyait directement ou par l’entremise de ses créatures ou des événements. Dans les petites choses que je faisais, la crainte me venait parfois de ne pas agir selon le goût de mon Amant Jésus, mais je ne m’arrêtais pas pour cela.

Il me semble que c’était vers la fin de janvier 1842 ; j’entendais parler en famille du prochain retour de mon père. Le dernier samedi du mois, ma mère me dit de me coucher dans mon lit afin que mon père ne s’effraie pas s’il s’apercevait qu’un chien couche sous son lit. Heureusement