Ouvrir le menu principal

Page:Calvat - Vie de Mélanie, bergère de la Salette.djvu/173

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
113
VIE DE MÉLANIE

voyant mon bien-aimé ainsi réduit, je ne résistai plus : j’allai pour essuyer, oui, pour essuyer sa douce, sa belle et aimable face couverte de sang et de crachats. Lui, mon très amoureux Jésus, voleur des cœurs, dit : « Pas comme ça, sœur de mon cœur. » Instantanément mon intellect fut éclairé et je compris toute sa passion, comme les chrétiens beaucoup plus que moi et avant moi la comprennent. Ah ! oui. À Jésus glorifié, ce n’est pas avec un linge matériel qu’il faut essuyer sa sainte face, souillée par les iniquités et les ingratitudes de tant d’âmes qui lui sont chères et qui le méconnaissent volontairement. Oui, mon Jésus, mon divin Roi, avec votre sainte grâce, je vous rendrai amour pour amour, pénitence, réparation et expiation pour tous mes frères et surtout pour ceux qui, par vocation, devraient marcher sur vos traces, avoir une conduite modèle. Je ne sais pas mieux dire ; je sais seulement que je sentis dans mon âme ou dans ma volonté un très ardent désir d’aimer de plus en plus mon Souverain Bien, de me tenir unie à mon cher Jésus, à embrasser en tout son bon plaisir, son amoureuse volonté, pour son amour. Je désirai, pour correspondre à son amour, d’être ignorée, méprisée, bafouée, abandonnée,