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Page:Calvat - Vie de Mélanie, bergère de la Salette.djvu/170

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VIE DE MÉLANIE

sir à ma maîtresse fit que je tombai à genoux sur la neige, priant le Dieu des vertus de faire que ma maîtresse n’éprouvât pas de déplaisir… puis je continuai de marcher dans les brouillards, quand j’entendis le vol et les cris d’un corbeau. Quand il fut près de moi, je le vis comme au milieu d’une fumée : il descendit jusqu’à ma portée, me remit l’étoffe allumée qu’il portait et s’envola. Je remerciai la divine Providence qui ne voulut pas que ma maîtresse eut du déplaisir.

Parmi tant de défauts, j’avais aussi celui delà jalousie pour ma personne. Je ne permettais jamais à qui que ce fût de me toucher les mains et moins encore la face. Un jour, un homme vint à la maison et moi, sauvage que je suis, je m’isolai. Mais au moment de se mettre à table pour dîner, ma maîtresse m’appela et me mit à côté de cet homme. Vers la fm du repas il dit : « Cette petite m’est sympathique, mais elle est beaucoup timide, elle ne parle pas. » En disant cela il me prend et m’assied sur ses genoux. Je voulais descendre et me sauver, mais j’étais retenue par de fortes mains. Il me dit de lui donner un baiser ; je ne voulus pas ; alors il me baisa lui-même et aussitôt je lui donnai un soufflet. Il me