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Page:Calvat - Vie de Mélanie, bergère de la Salette.djvu/155

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VIE DE MÉLANIE

puis exprimer la douleur que je sentis en entendant ces mots de gros péché, moi qui aimais tant mon cher Jésus ; oh !… mais passons ; avoir offensé la vie de ma vie me déchire le cœur ; oui mais grande était mon espérance de mon pardon, du pardon du grand pardonneur, de celui qui lit dans le fond des cœurs, et qui pardonne toujours aux cœurs contrits. J’étais désolée aussi de la peine et des déplaisirs que j’avais causés à mes chères maîtresses : et quand on m’appelait pleureuse, ne voyait-on pas mes continuelles fautes, ou bien ne voulait-on pas les voir ? Ce que je sais, c’est que quand je me relevais d’une faute, je tombais dans une autre ; ma vie n’a été qu’un tissu de chutes que je déteste avec toutes les puissances de mon être.

Une fois je priais la miséricorde de Dieu tout particulièrement pour les personnes que m’avait confiées mon Frère. (Ces personnes que je ne voulais pas nommer à cause de leur haute et sublime dignité, mais que votre Révérence veut que je lui désigne, sont les prêtres…) Tout à coup je vis (non des yeux du corps) mon aimable, mon tout bon Jésus. Aussitôt je me concentrai dans mon néant. Je n’osais quasi pas le regarder ; il avait les mains jointes et semblait prier avec