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Page:Calvat - Vie de Mélanie, bergère de la Salette.djvu/136

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VIE DE MÉLANIE

veux en arrière et les attacha en me disant : « Demain, je vous les arrangerai. » Le soir, dès iiue je fus à la maison, je pris un des fils de ma mère pour lui faire faire sa prière. En ce moment ma mère me regarda et m’ayant vue peignée, me dit d’une voix fâchée : « Qu’est-ce que cette nouveauté ? et pourquoi as-tu relevé les cheveux qui te couvraient le front jusque sur tes yeux ? Je te voyais encore trop, à présent tu m’es insupportable. Mais pourquoi t’es-tu peignée ainsi, pourquoi ? Réponds tout de suite. » Je lui répondis que je ne savais pas le pourquoi. Alors ma mère se fâcha beaucoup, me disant que je mentais, mais qu’on voyait que c’était par vanité que j’avais arrangé mes cheveux de cette manière ; que je feignais la dévotion pour couvrir mes défauts. Puis elle prit des ciseaux et me coupa tous les cheveux sur le front jusqu’aux oreilles, et sans enlever les cheveux qu’elle avait coupés. Le lendemain, j’allai à l’école comme à l’ordinaire. La Maîtresse fut surprise de me voir avec mes cheveux coupés ; elle me gronda beaucoup pour cette grave impertinence, ajoutant qu’elle n’aurait jamais, jamais cru que j’aurais été capable de tant de méchancheté. Je ne répondis rien, d’autant plus que je ne prêtais