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Page:Calvat - Vie de Mélanie, bergère de la Salette.djvu/121

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VIE DE MÉLANIE

encore à diverses reprises, puis me montra ce que j’avais pris pour un cadre : c’était un joli miroir en très pur argent cristallisé et brillant. Je compris que c’était mon âme dont les nombreuses taches (de mes péchés) empêchaient que Notre-Seigneur s’y vît parfaitement. À cette vue je tombai à genoux, implorant Marie Vierge et Mère que par les mérites de la passion et de la mort de Jésus-Christ, par les mérites de sa pauvreté elle me pardonnât et m’obtînt le pardon de tous mes péchés : et je priai mon très doux Frère de me donner une entière absolution ; ce qu’il fit avec sa main droite. Puis Marie, oui Marie très Sainte, la vraie Mère de la miséricorde, passa en forme de croix l’index de sa bénie main droite sur le miroir qui devint très beau et très lustré ; et Jésus s’y regarda avec complaisance, le serrra, le pressa sur son cœur, me bénit et tout disparut. Je me retrouvai au pied de l’autel, la paix dans le cœur.

Ici, je ne puis dire comment en me voyant pleine de péchés en présence d’une beauté, d’une pureté si sublime, sans effort je m’abîmais, non je disparaissais. Je pense que ce sont des choses que ne peuvent comprendre que ceux qui les ont éprouvées.