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Page:Calvat - Vie de Mélanie, bergère de la Salette.djvu/117

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VIE DE MÉLANIE

Je restai chez ma tante environ deux ans, mais en différentes fois. Elle me portait à l’école, etc. Deux ans se passèrent ainsi. J’avais résolu d’esquiver jusqu’à l’ombre du péché, de ne plus faire de la peine à ma chère mère. Ma résolution était bien sincère ; mais hélas ! hélas ! je confesse que je ne la tins pas, comme on va le constater. Puisse cette humiliation réparer tant de si graves péchés !

Un jour que ma mère était chez elle en compagnie avec des femmes qui travaillaient et avaient amené leurs enfants, elle dit à ces enfants : « J’ai des poupées que je donnerai aux petites filles qui sont obéissantes à leur maman », et en disant cela, elle montra les poupées. Moi qui n’avais jamais su qu’il y eût des poupées, je crus que c’étaient de très petits enfants, peut-être parce que je les voyais à une certaine distance ; et aussitôt ma mère ajouta qu’elle les avait achetées au marché. Je désirais en avoir une pour lui apprendre à bien faire le signe de la Croix et à bien aimer le bon Dieu, mais de poupée, je n’en eus pas ; et comme je savais où ma mère avait son argent, un moment, sans y voir mal, je pris dix centimes avec lesquels j’allai acheter une poupée. De retour à la maison, je me mis

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