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Page:Calvat - Vie de Mélanie, bergère de la Salette.djvu/115

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VIE DE MÉLANIE

t’appelles-tu ? » — Je m’appelle Sœur. » — « Ton autre nom ? » — « Je n’ai point d’autre nom, mon Frère m’a toujours dit Sœur. » — « Et ton frère, comment s’appelle-t-il ? » — « Il s’appelle Frère. » — « Et ton père ? » — « Je n’ai ni père ni mère, je n’ai qu’un Frère. » — « Allons, petite marmotte, dis-moi qui tu es ou je te tue. » — « Je ne suis rien. » — « Ton pays ? » — « Je n’ai point de pays : mon Frère me dit que j’ai une Maman qui est dans le Paradis et qui est partout avec ses enfants. » Le pauvre homme tout furieux prend l’enfant par le bras, la plonge dans le Drac et la menace de l’y laisser si elle ne dit de qui elle est. Comment la Louve pouvait-elle le dire ? elle n’en savait rien. Enfin, après bien des épreuves, l’homme se décide à la laisser à moitié dans l’eau et à prendre la fuite. La Sauvage fut entraînée un peu plus loin dans le Drac. Elle était presque étouffée par l’eau, lorsqu’arrive le petit Frère qui la retire de l’eau. La Louve avait perdu ses souliers dans l’eau ; son Frère lui prête les siens et Lui-même marche sans toucher la terre.

Il me reconduisit ainsi, toujours conversant sur la vie cachée de Notre-Seigneur Jésus-Christ et sur sa passion. Avec Lui je ne distinguais pas