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Page:Calvat - Vie de Mélanie, bergère de la Salette.djvu/112

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VIE DE MÉLANIE

j’essayai de prier les bras en croix pendant la récitation de 33 Pater ; je ne pus les terminer à cause de mon extrême faiblesse. Je m’affligeais de ne pouvoir rien faire pour mon Jésus crucifié que j’aimais de tout mon cœur. Eh ! qui connaissant notre très amoureux Jésus peut s’abstenir de l’aimer de tout son être ? peut s’abstenir de marcher sur ses traces, de partager ses sentiments, de chercher en toutes choses son bon plaisir, sa pure gloire et son adorable volonté ?

Quelques semaines après, je commençais à me lever pour une heure, mais souvent je m’évanouissais et avais des vomissements. Chaque fois que je quittais le lit j’essayais de me tenir à genoux par respect pour la présence de Dieu. La grande Lumière éternelle me portait à aimer et à adorer en tous lieux l’Être incréé, éternelle vérité et éternelle sagesse. Dès que commença la convalescence, j’eus le désir de souffrir, mais pas seule, de souffrir en unité avec Jésus-Christ parce qu’il me semblait que mes prières et mes souffrances seules ne pouvaient mériter pour la vie éternelle. Je me donnai donc et m’abandonnai tout entière à mon divin Sauveur et dès lors tout ce que je faisais pour Dieu était avaloré, arrosé par le sang de mon Divin Rédempteur