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le Nouvelliste de Lorient, un bel article, pour pleurer et célébrer le poète breton tué à l’ennemi. « Il a été tué, dit-il, en première ligne, par un obus, sur le nouveau front au delà de Noyon, dans l’après-midi de ce mardi de Pâques dernier, 10 avril 1917… Né à Groix, en 1888, d’une famille de pêcheurs, il fit ses études à Sainte-Anne… Sous l’influence de certains de ses maîtres, auxquels il resta toujours attaché, il sentit s’éveiller en lui, outre une vocation ecclésiastique qui fut malheureusement contrariée plus tard, une vocation d’homme d’action et d’écrivain breton. Un très brillant avenir littéraire s’ouvrait devant lui. Son nom sera sans doute inséparable de l’histoire de la langue et de la poésie bretonnes… Parfaitement au courant de notre langue nationale en tous ses dialectes, il y était arrivé à une grande maîtrise. Il travaillait encore à la perfectionner, et il aura été un de ceux qui auront le plus fait avancer la restauration et l’unification du breton littéraire. Difficilement égalable dans la forme, il ne sera pas remplacé pour le fond. La profondeur singulièrement émouvante de quelques-uns de ses morceaux (beaucoup sont inédits), leur assure de vivre autant que notre littérature. »

Un peu plus loin, et pour montrer mieux quelle perte la France vient de faire, M. Le Diberder publie une pièce que Jean-Pierre Calloc’h écrivit au moment où il passait dans le service armé. Elle est tout entière admirable. Je n’en puis, faute de place, citer que des fragments :

Or, la mil neuf cent quatorzième année après la naissance du Christ dans l’étable,

Comme la tête du Pauvre tout à coup, à la fenêtre des mondains livrés aux danses déréglées,

Comme les trois paroles sur le mur, au temps du grand souper de Balthazar,