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JOURNÉE II, SCÈNE IV.


léonor.

Que vois-je ? don Carlos !… Il ne me manquait plus que ce malheur !…


don diègue.

Et qui donc êtes-vous, vous qui venez ainsi prendre en main cette querelle ?


don carlos.

Vous devriez me reconnaître… vous en avez assez de motifs… Je suis le cavalier qui vous laissa pour mort à Madrid, et qui vient en ce moment achever ce qu’il a commencé.


léonor, à part.

Quelle horrible situation !


don diègue.

Je pense, au contraire, que vous êtes venu pour que je puisse enfin me venger.


don juan.

Je me mets à vos côtés, don Carlos.


don diègue.

Cela fait deux contre un ; mais pour cela je n’ai pas peur.


ginès, du dehors.

Venez, venez tous ! c’est ici qu’on se bat.


Entre GINÈS, avec du monde.

tous.

Qu’est ceci ?


béatrix.

Inès, hâte-toi d’éteindre ce flambeau ; nous n’avons que ce moyen d’éviter de plus grands malheurs.

Inès éteint le flambeau.

ginès.

Restez-en là, s’il vous plait, puisque vous n’y voyez pas.


don juan.

Songez-y tous, vous êtes chez moi.


ginès.

Allumez un flambeau, et chacun se verra bien.


léonor.

Quel malheur !


don diègue.

J’ai trouvé la porte ; ce n’est pas fuir, cela, c’est renvoyer sa vengeance à une meilleure occasion.

Il sort.

béatrix.

Troublée et remplie de crainte, je me retire dans mon appartement.

Elle sort.

inès.

Nous avons si bien arrangé nos affaires, que, de bonnes qu’elles étaient, les voilà sans ressource.

Elle sort.