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À OUTRAGE SECRET VENGEANCE SECRÈTE


léonor.

C’eût été un affreux malheur !


syrène.

Une bizarre aventure !


don juan.

Quoi ! c’était vous ?


don lope.

Moi-même.


don juan.

Mais non, cela n’est pas possible. L’homme de qui je parle est là, là-dedans, j’en suis certain ; car il n’a pas pu sortir par la porte par où vous êtes entré.


don lope.

Quand je vous dis que c’était moi.


don juan.

Cela est étrange !


don lope, à part.

Ô quel ennui d’avoir un ignorant ami ! (À don Juan.) Eh bien ! si vous êtes tellement persuadé qu’il y a quelqu’un caché ici, pendant que je vais visiter la maison, gardez-moi cette porte en vous tenant dans la pièce d’entrée.


don juan.

Vous pouvez commencer vos recherches en toute sécurité. Il ne sortira pas par là, je vous en réponds.


don lope.

Quoiqu’il arrive, ne quittez pas la pièce d’entrée, entendez-vous ?


don juan.

Je n’en bougerai pas.


don lope.

Songez-y bien.


don juan.

Soyez tranquille.

Il sort par la porte du fond.

léonor, bas, à Syrène.

Ah ! Syrène !


syrène, bas, à Léonor.

Tenez-vous.


don lope, à part.

S’il se trouve que je sois offensé, j’aurai assez d’empire sur moi-même pour conserver mon sang-froid ; et ma vengeance, que suivra un silence impénétrable, sera un enseignement pour le monde. (À Manrique.) Allons, Manrique, précède-moi avec ce flambeau.


manrique.

Monseigneur ?


don lope.

Oui, allons.