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BONHEUR ET MALHEUR DU NOM.

de santé, je ne puis aller en personne vous présenter mon compliment de bienvenue et mes félicitations sur vos succès ; c’est pourquoi don César Farnèse… »


lisardo, à part.

Qu’ai-je entendu !


lidoro, à part.

Quel bonheur !


le prince, lisant.

« Mon parent et mon secrétaire… »


lidoro, à part.

L’agréable nouvelle !


lisardo, à part.

Quel ennui !


le prince, lisant.

« Va en mon nom vous rendre visite… »


lisardo, à part.

Quelle rage est la mienne !


le prince, lisant.

« Et il me rapportera les nouvelles que je désire avoir de vous et de votre maison. »


lisardo, à part.

Ce don César est le meurtrier de mon frère.


le prince, lisant.

« Dieu vous garde. Votre cousin et ami, le duc de Parme. »


lidoro, à part.

Que je suis aise de le voir !


lisardo, à part.

Sa vue me bouleverse.


le prince.

Je suis on ne peut plus reconnaissant envers le duc de son attention ; et j’en suis d’autant plus flatté, que c’est vous qui m’apportez sa lettre.


don félix.

Je ne pouvais pas espérer une plus glorieuse faveur que de me mettre à vos pieds.


le prince.

Vous devez être fatigué, et la querelle que vous avez eue en mettant pied à terre n’a pas dû vous refaire.


tristan.

Ni moi non plus.


le prince.

Allez vous reposer. (À Lisardo.) Veillez, Celio, à ce que don César soit logé près de moi.


lisardo, à part.

Il ne me manquait plus que d’être obligé de le servir ! (À don César) Venez, je vous logerai dans ma maison.