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CHAPITRE XXXIII.

HISTOIRE DE KAPILA.


1. Mâitrêya dit : Ayant ainsi entendu le discours de Kapila, Dêvahûti sa mère, la femme chérie de Kardama, débarrassée du voile de l’erreur, après s’être inclinée devant lui, chanta cette terre de la perfection où les principes sont comme une province distincte.

2. Dêvahûti dit : Ô toi, dont Adja, quoique né du lotus sorti de ton ventre, ne put voir le corps que par la méditation, ce corps étendu sur l’océan, formé des éléments, des sens, des attributs et du cœur, théâtre de l’action des qualités, et origine de toutes choses ;

3. Toi qui, partageant ton énergie d’après les tendances diverses des qualités, crées, conserves et détruis, quoique inactif, l’univers avec tes milliers de forces insaisissables à la raison ; toi dont la volonté est infaillible et qui es le maître des âmes,

4. Comment, Seigneur, as-tu pu être porté dans mon sein, toi dans le corps de qui était renfermé ce monde ? Car c’est un produit de Mâyâ, que ce petit enfant, qui dormait couché solitaire sur une feuille de figuier, portant son pied à sa bouche, et sous la forme duquel l’univers reposait à la fin du Yuga.

5. Tu as pris un cortège de formes corporelles pour la destruction des méchants, ô Seigneur, et pour la prospérité de ceux qui suivent tes ordres ; et cette incarnation [sous laquelle tu te montres aujourd’hui] est, comme celles où tu as paru en sanglier ou avec d’autres corps, destinée à enseigner la voie qui conduit à l’Esprit.

6. Si pour entendre, pour répéter, pour proclamer, pour se rappeler seulement quelquefois ton nom, l’homme le plus vil devient aussitôt digne de prendre part à l’offrande du Sôma, quels avantages ne doit pas procurer la vue de ta personne ?