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diverses formes, ensuite ceux qui ont une double rangée de dents ; parmi ces derniers, ceux qui ont beaucoup de pieds sont supérieurs aux autres ; puis viennent ceux qui ont quatre pieds, et enfin l’homme qui n’en a que deux.

31. Au-dessus de l’homme sont les quatre classes ; parmi elles, la première est celle des Brâhmanes ; parmi les Brâhmanes eux-mêmes, les premiers sont ceux qui connaissent les Vêdas, et entre ces derniers, ceux qui en possèdent le sens,

32. Au-dessus de celui qui possède le sens des Vêdas, vient celui pour lequel ce sens n’a rien de douteux ; au-dessus de ce dernier, celui qui accomplit les œuvres qui lui sont imposées ; puis celui qui, détaché de tout, ne s’inquiète pas du résultat de ses œuvres.

33. Au-dessus de ce dernier est celui qui, après avoir dirigé vers moi toutes ses actions, les conséquences de ses actions et sa propre personne, ne se distingue pas de moi ; car je ne vois pas d’être supérieur à l’homme qui, ayant dirigé son âme vers moi et déposé en moi ses œuvres, n’agit [réellement] plus et ne voit plus que moi en lui-même.

34. Que le sage vénère en son cœur tous ces êtres avec un grand respect, en se disant : « C’est Bhagavat , l’Être suprême, qui y est entré avec l’âme individuelle, portion [de sa substance]. »

35. Je viens de t’exposer, femme vertueuse, le Yoga de la dévotion et le Yoga [de la méditation], ces deux doctrines par lesquelles l’homme parvient également jusqu’à Purucha.

36. Cette forme de Bhagavat qui est Brahma et Paramâtman, forme qui est à la fois l’Être suprême, la Nature, l’Esprit et la Destinée, d’où résultent les conséquences diverses des œuvres,

37. Qui est le divin réceptacle des diverses formes : voilà ce qu’on nomme le Temps, le Temps qui est la terreur des êtres émanés de l’Intelligence, quand ils s’attachent à la distinction.

38. Celui qui après avoir pénétré au sein des créatures, les détruit par d’autres créatures, cet Être dont l’univers est la demeure, et que l’on nomme Vichṇu, le chef suprême du sacrifice, c’est là le Temps, le plus puissant de ceux qui ont l’empire.