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Mandara, ces bras sur lesquels reposent les Gardiens des mondes ; qu’il contemple le Tchakra aux mille rayons, dont on ne peut supporter la splendeur, et la conque qui est entre ses mains comme le Râdjaham̃sa qui se montre entre des lotus.

28. Qu’il pense à cette massue chère à Bhagavat, qui est souillée par le sang des héros ses ennemis, comme par la fange ; à cette guirlande autour de laquelle bourdonne un essaim d’abeilles ; à ce joyau suspendu à son cou, qui est le pur principe de l’âme individuelle.

29. Qu’il médite sur le lotus du visage de Bhagavat qui a pris un corps en ce monde dans une pensée de compassion pour ses serviteurs, sur ce visage que rehaussent un nez plein de noblesse et des joues pures, éclairées par le balancement de ses deux pendants d’oreilles étincelants qui représentent la forme du Makara.

30. Qu’il médite sans relâche sur ce visage entouré de boucles de cheveux frisés, qui surpasse en éclat le siège de Çrî que recherchent les abeilles et qui est l’asile des deux poissons, sur ce visage aux yeux de lotus, dont les sourcils s’agitent en se jouant, et qui ne se montre qu’au cœur de l’homme.

31. Qu’il médite longtemps en son cœur avec une contemplation continue sur le regard plein d’une immense bienveillance et embelli par un affectueux sourire que, dans l’excès de sa miséricorde, lancent ses yeux pour calmer les angoisses des trois espèces de douleurs.

32. Qu’il médite sur le sourire si noble de Hari, qui dessèche l’océan de larmes que versent, dans leur douleur profonde, tous les mondes inclinés à ses pieds, et sur l’arc de ses sourcils qu’il a créé par sa Mâyâ en faveur des solitaires, afin de jeter dans le trouble le Dieu dont l’étendard porte l’image du Makara.

33. Qu’il médite sur l’éclat de rire que fait entendre Vichṇu dont il saisit la forme dans la cavité de son cœur, sur ce rire, source de méditation, qui laisse voir une rangée de dents étroites, semblables à une branche de jasmin, et que rougit la teinte brillante de sa lèvre inférieure ; que dirigeant avec une dévotion affectueuse son cœur vers le Dieu, il ne désire plus voir autre chose que lui.

34. Plein d’amour alors pour Hari, sentant son cœur se fondre