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père ; aussi nous joignons-nous, pour l’adorer, à toi qui as déposé en elle ton énergie, comme le feu que l’on cache dans le bois de l’Araṇi.

42. Quel autre que toi, ô souverain Seigneur, eût eu la confiance de pouvoir retirer la terre du fond de l’Abîme ? Mais ce n’est pas une merveille pour toi, l’asile de toutes les merveilles, pour toi qui as créé à l’aide de Mâyâ cet univers si étonnamment merveilleux.

43. Pour nous qui persistons dans la science, la vérité et les mortifications, aspergés par les gouttes de l’eau bienheureuse qui s’échappe des extrémités de ta crinière, au moment où tu agites ton corps qui est formé par les Vêdas, nous nous trouvons, ô Seigneur, parfaitement purifiés.

44. Certes il a perdu l’intelligence celui qui espère atteindre la limite de tes œuvres, ô toi dont les œuvres n’ont pas de limite, toi par qui l’univers entier est le jouet de l’erreur où le jette ton alliance avec les qualités de ta mystérieuse Mâyâ ; consens donc de toi-même, ô Bhagavat, à faire le bonheur du monde.

45. Mâitrêya dit : Ainsi célébré par les solitaires qui récitent le Vêda, le Dieu protecteur fixa la terre sur l’océan dont il avait fendu les flots avec ses sabots.

46. Le bienheureux Vichvaksêna, le chef des créatures, Hari, se retira aussitôt qu’il eut déposé sur les eaux la terre qu’il avait relevée de l’Abîme en se jouant.

47. Celui qui écoute ou qui récite avec dévotion cette belle et ravissante histoire de Hari, de ce Dieu dont la contemplation enlève [loin du monde], et dont on a tant d’actions merveilleuses à raconter, voit bien vite Djanârdana se plaire au sein de son cœur.

48. Quand le maître de toutes les bénédictions est satisfait, comment ces avantages, qui sont en eux-mêmes si peu de chose, seraient-ils difficiles à obtenir ? Mais l’Être suprême reposant dans l’asile le plus secret de ceux qui lui rendent un culte exclusif, leur accorde lui-même la possession de sa demeure excellente.

49. Est-il au monde un être, si ce n’est un animal grossier, qui connaissant la valeur des objets que poursuit l’homme, pourrait,