Page:Burnouf - Le Bhâgavata Purâna, tome 1.djvu/386

Cette page a été validée par deux contributeurs.


et nos biens, le chagrin, le désir, la détresse, la cupidité insatiable, la fausse notion, source de douleurs, qui nous fait dire : « Ceci est à moi, » tous ces maux durent tant que le monde ne s’est pas réfugié à tes pieds qui donnent la sécurité.

7. Le Destin a détruit l’intelligence des hommes dont les organes dont de la répugnance à s’attacher à toi, à toi dont l’histoire calme toutes les douleurs ; de ces hommes qui, dans leur infortune, le cœur en proie à la cupidité, accomplissent des actes toujours malheureux, pour recueillir quelques parcelles du bonheur qu’ils désirent.

8. Ô toi dont la puissance est immense ! le cœur me manque quand je vois les créatures incessamment tourmentées par la faim, par la soif et par les trois principes constitutifs du corps, par le froid, la chaleur, le vent et la pluie, par leurs luttes mutuelles, par le feu du désir et par la colère implacable, fardeaux si lourds à porter.

9. Tant que l’homme, ô Seigneur, considérera comme distincte de l’Esprit cette apparence où domine la puissance de l’illusion des objets extérieurs, cette Mâyâ de Bhagavat ; le monde, qui est le fruit des œuvres, quoique privé d’une existence véritable, ne cessera de se reproduire, apportant avec lui une foule de maux.

10. Les Rĭchis eux-mêmes. Être divin, qui se détournent des entretiens dont tu es l’objet, reparaissent ici-bas fatigués et tourmentés pendant le jour dans leurs organes, privés de sommeil pendant la nuit, sentant leur repos à chaque instant interrompu par la pensée de nombreux désirs, et voyant le Destin s’opposer à l’accomplissement de leurs entreprises.

11. Ô toi dont on reconnaît la voie en écoutant [tes histoires], tu résides dans le lotus d’un cœur pénétré pour toi d’une affection profonde ; et même, ô Souverain des hommes, celle de tes formes que les sages se représentent par la contemplation, ô toi qui es chanté au loin, tu leur en accordes la vue par bienveillance pour eux.

12. Non, les respects que lui témoignent, par des offrandes accumulées, les troupes des Suras qui ont enchaîné tout désir dans leur cœur, ne donnent pas autant de droits à sa bienveillance que cette