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comme un étang sacré ; ô toi qui es l’ami des malheureux, exprime des fleurs ce récit qui est comme le suc de toutes les histoires.

16. Expose-moi les actions surhumaines qu’accomplit le souverain Seigneur, qui s’unissant à son énergie pour créer, conserver et détruire cet univers, s’incarna [parmi les hommes].

17. Çuka dit : C’est ainsi que pour le bonheur des hommes, le guerrier interrogeait le bienheureux Kâuçârava ; le solitaire lui répondit avec des paroles qui exprimaient tout son respect.

18. Mâitrêya dit : C’est bien ; vertueux Vidura ; tu as bien fait de m’adresser cette question ; c’est montrer ta bienveillance pour les hommes, et répandre dans le monde ta propre gloire, ô toi dont Adhôkchadja est comme l’âme !

19. Au reste il n’y a rien d’étonnant à ce qu’un guerrier comme toi, né du sang de Vâdarâyaṇa, se passionne exclusivement pour Hari, le souverain Seigneur.

20. [Tu es en effet] le bienheureux Yama, le souverain juge des mortels, qui a été condamné, par la malédiction de Mâṇḍavya, à recevoir le jour du fils de Satyavatî et d’une esclave qui avait été l’épouse du frère [de Vyâsa].

21. Tu as toujours été un objet d’affection pour Bhagavat et pour son jeune frère ; et Bhagavat même, au moment de son départ, me confia le soin de t’instruire.

22. Je vais donc te raconter dans leur ordre les jeux de Bhagavat, ces jeux que développe sa mystérieuse Mâyâ dans le but de créer, de conserver et de détruire l’univers.

23. Au commencement cet univers était Bhagavat, l’âme et le souverain maître de toutes les âmes ; Bhagavat existait seul sans qu’aucun attribut le manifestât, parce que tout désir était éteint en son cœur.

24. Alors il regarda, et il ne vit rien qui pût être vu, parce que lui seul était resplendissant ; et il songea qu’il était comme s’il n’était pas, parce que son regard était éveillé et que son énergie sommeillait.

25. Or l’énergie de cet être doué de vue, énergie qui est à la fois