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comme la mère des Dêvas, eut pour fils Vichṇu, et qui porta un Dieu dans son sein, de même que le triple Vêda renferme en lui-même son but qui est la célébration du sacrifice ?

34. Vit-il heureux, l’illustre Aniruddha, qui satisfait les désirs des Sâtvats, lui que l’on regarde comme l’origine de la parole, le principe du cœur, l’essence de la quatrième des portions de l’organe interne ?

35. Ami, vivent-ils heureux aussi, ceux qui, avec une adoration exclusive, se sont dévoués à la divinité de l’Esprit lui-même, comme Hrĭdîka, le fils de Satyâ, les héros dont Gada et Tchârudêchṇa sont les chefs, et tant d’autres ?

36. Dharma, avec Vidjaya et Atchyuta qui sont comme ses deux bras, défend-il toujours justement la digue de la loi, lui qui, dans l’assemblée, humiliait Duryôdhana, lorsque, grâce à l’appui de Vidjaya, la fortune l’élevait au rang de monarque souverain ?

37. Bhîma, enflammé de colère comme un serpent, a-t-il pardonné aux coupables enfants de Kuru l’insulte longtemps méditée par eux, lui dont le champ de bataille ne put supporter la marche lorsqu’il s’élançait dans les nombreux chemins de la massue ?

38. Vit-il toujours, le guerrier célèbre parmi les braves montés sur des chars, qui avec son arc Gândîva détruisait ses ennemis, lui dont fut satisfait Giriça, lorsque, se dérobant à ses yeux sous le déguisement d’un Kirâta, le Dieu se vit couvert par la masse des flèches du héros ?

39. Et les deux fils jumeaux [de Mâdrî] entourés par les princes, fils de Prĭthâ, comme les deux yeux le sont par les cils, jouissent-ils du bonheur, eux qui ont, dans le combat, repris leur bien à leur adversaire, semblables à deux Suparnas (Garudas) enlevant l’ambroisie de la bouche du Dieu qui porte la foudre ?

40. Hélas ! privée de Pâṇḑu, Prǐthâ elle-même n’a pu survivre qu’à cause de ses enfants au premier des Râdjarchis, à ce héros qui, du haut de son char, seul et n’ayant d’autre compagnon que son arc, triompha jusqu’aux limites de l’horizon.

41. Ami, je pleure sur ce prince tombé si bas pour avoir outragé