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à ce qui est comme à ce qui n’est pas [pour nos organes], qui est l’Esprit même ; cette essence où n’existe ni le son, ni le fruit des œuvres, résultat de nombreuses pratiques, et devant laquelle s’évanouit Mâyâ honteuse de se montrer ;

48. Cette essence éternellement heureuse, exempte de chagrin, qu’on appelle Brahma, c’est l’essence même de Bhagavat, l’Esprit suprême, sur lequel les ascètes n’ont qu’à fixer leur cœur pour atteindre, sans avoir besoin de faire aucun effort, à l’absence de toute distinction, comme Indra (le Dieu de la pluie), qui resplendissant par lui-même, ne prend pas la houe pour creuser un puits.

49. Bhagavat est le dispensateur des plus belles récompenses : c’est de lui que vient le succès des bonnes actions produites par les dispositions naturelles des créatures : car de même que l’air contenu dans le corps ne périt pas avec lui, quand, à l’instant de la séparation des éléments qui le composent, le corps vient à se dissoudre, ainsi l’Esprit qui n’est pas né avec le corps, ne périt pas davantage avec lui.

50. Je viens de t’exposer, ô mon fils, d’une manière abrégée ce que c’est que Bhagavat, l’auteur de l’univers ; ce qui est comme ce qui n’est pas [pour nos organes] n’est pas différent de Hari, qui reste cependant distinct de tout cela.

51. C’est là l’exposition du Bhâgavata qui m’a été révélée par Bhagavat lui-même, et qui contient l’abrégé de ses manifestations surnaturelles ; c’est à toi de la développer.

52. Songe à la raconter de manière que les hommes se sentent animés de dévotion pour le bienheureux Hari, âme de toutes choses, en qui l’univers est contenu.

53. Car celui qui décrit la Mâyâ dont s’enveloppe le souverain Seigneur, de même que celui qui écoute son récit avec assentiment et avec foi, affranchit son âme des illusions de Mâyâ.


FIN DU SEPTIÈME CHAPITRE, AYANT POUR TITRE :
DIALOGUE ENTRE BRAHMÂ ET NÂRADA,
DANS LE SECOND LIVRE DU GRAND PURÂṆA,
LE BIENHEUREUX BHÂGAVATA,
RECUEIL INSPIRÉ PAR BRAHMÂ ET COMPOSÉ PAR VYÂSA.